Orfèvrerie

L’hôpital de Lessines possède l’une des plus importantes collections publiques d’orfèvrerie tant civile que religieuse, riche de près de 140 pièces et couvrant les styles gothique, Renaissance, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI et néo-gothique dans le domaine du travail des métaux précieux.

Calice

Vermeil, 1632, h: 29,5 cm

Cette très belle pièce est ornée de motifs issus du répertoire décoratif de la Renaissance.

Le pied rond en cloche écrasée est ajouré de motifs de têtes d’angelots, surmontés d’un décor en ronde-bosse de grappes de fruits et d’angelots. La tige est ornée de noeuds multiples. Le noeud principal, en olive, reprend les motifs précédents dont l’orfèvre a également recouvert la fausse-coupe. Le calice ne porte qu’une seule marque, le « rochoir » des orfèvres LEFEBVRE de Tournai et a été offert par la Dame prieure Jeanne DUQUESNE en 1632.

Bras-reliquaire de Sainte Marguerite

Argent et vermeil, XVIIe siècle.

Ce reliquaire en forme d’avant-bras constitue une paire avec celui de sainte Elisabeth (plus richement décoré, volé en 1980). L’argent imite le tissu tandis que la base et le poignet du bras sont ornés d’une frise d’oves dorés. Le même motif est repris autour de la fenêtre de la relique. L’objet a été offert par la Dame prieure Jeanne DUQUESNE.

Ciboire

Argent et vermeil

Ce très bel objet offre toutes les caractéristiques de la Renaissance appliquées à l’orfèvrerie religieuse: godrons, rinceaux, cuirs, têtes d’angelots, fleurs, fruits,…

Le couvercle est terminé par une urne piriforme, à deux anses et surmontée d’une importante croix portant le Christ. Ce ciboire a conservé intacts ses quatre poinçons: le T de la ville de Tournai, la tour posée sur un croissant et surmontée d’une fleur de lys de Tournai, le coeur avec une couronne dominée par une croix, le tout dans un écu de l’orfèvre de SURMONT, doyen de la corporation des orfèvres au début du XVIIe siècle à Tournai et enfin, la lettre décanale C.

Ostensoir-Monstrance

Vermeil, 1557

Cette magnifique pièce présente encore une apparence résolument gothique « flamboyant » tout en possédant déjà des détails typiquement Renaissance.

Le pied polylobé est surmonté d’une tige avec noeud orné de têtes d’angelots. Le cylindre contenu dans une double couronne de fleurons est entouré de contreforts décorés de colonnettes, de dais, de statuettes et de pinacles. Ceux-ci soutiennent un dôme surmonté d’un dais ouvragé abritant une statuette de la Vierge à L’Enfant et terminé par la croix.

Une effigie de la Prieure Amandine de RUEST ainsi que l’inscription « DAME MANDYNE DE RUEST L’AN 1557 – DORE L’AN 1574 – RESTAURE EN 1869 » sont gravées sur le pied.

Châsses de sainte Ursule et Saint Eloi

Argent, cuivre doré et ébène, 1658-1660.

L’église de l’hôpital de Lessines est dédiée à saint Eloi et sainte Ursule; de ce fait, elle possède deux châsses destinées à en abriter les reliques. Exposées à la vénération lors des grandes fêtes, ces oeuvres furent commandées à l’orfèvre Philippe LENOIR d’Ath entre 1658 et 1660.

Elles présentent toutes deux le même décor baroque, malgré certains attributs spécifiques et les plaques historiées du socle. La châsse est posée sur un socle plaqué d’ébène, abritant deux niches garnies d’angelots porteurs des attributs du saint; la face du socle est rehaussée d’une grande plaque d’argent décorée d’angelots, de têtes et de rinceaux. Les plaques représentent un fait marquant de la vie du saint: saint Eloi guérissant des pestiférés et le martyre de sainte Ursule.

La châsse elle-même épouse la forme d’un coffret posé sur deux pieds à enroulements décorés de perles, de grenades et de feuillages. Le corps du coffret est ouvert par une plaque de verre entourée d’un opulent décor de fleurs, de fruits, d’angelots et d’ailes de chauves-souris. Les angles du coffret sont plaqués d’anges-cariatides en ronde-bosse, tenant des cordelières. Un étranglement est orné de feuillages, de rinceaux, de fruits et des armoiries des donateurs. Enfin, la partie supérieure est décorée de grenades, de lauriers et de fleurs, le tout surmonté par un pot à feu et deux chérubins soutenant une couronne de gui.

Ces deux châsses ont inspiré, au XVIIIe siècle, une composition importante du maître-autel, constituée d’une croix, d’un pupitre, de quatre vases, d’un carillon d’autel et des deux reliquaires.

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